Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /Juil /2008 00:30
Ici dès le matin surveiller son verbe
S'écouter parler et entendre ahurie
Les mots limpides des autres
Un mur infranchissable
Ce monde n'est pas le mien

Et savoir la douleur
de l'impossible retour

L'arbre sans racines,
juste
un arbuste dans un pot
de fleurs

Ô, non pas les mots qui emmurent
Mais une façon d'être au monde
Qui ne sera jamais
Moi

Il n'y aura jamais de chez moi
Il n'y aura jamais d'être là

Eux seuls demeurent

Tu seras toujours ailleurs
L'autre
Ici comme partout

Il n'y a pas d'être au monde
Seule compte la terre
éparpillée crissant entre nos pas
nos dents notre chair la marque
de naissance
La terre qui nargue
Et bannit ceux qui
Ne demeurent



Par Sola
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Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /Juil /2008 00:16
... on peut souffrir de la séparation de ses parents. Même si le nouveau homme dans la vie de ma mère est un homme bien que j'apprécie. Mais ne plus vous voir ensemble, et surtout voir mon père encore aimer ma mère à un tel point, cela me brise le coeur....
Et je souffre de devoir courir de l'un à l'autre. De quitter l'un le soir pour rentrer chez l'autre.
J'aime mes parents et les déteste, enfin détester, terme bien trop fort, ils m'agacent, leurs manies, leurs défauts, je les vois gros comme une montagne, et pourtant je les aime, je les aime, je suis bien avec eux, mais...
je souffre de les voir en peine. De les voir souffrir, de ne pas être capable de leur donner ce qui leur manque, de leur offrir l'amour, la sécurité, le bonheur qu'ils méritent.
Je suis une petite fille auprès d'eux, une petite fille qui a peur pour eux, qui ne veut que leur bonheur, qui se sent impuissante face à leur(s) douleurs, doutes, craintes.
Mon dieu, ce sont deux êtres parmi les plus importants pour moi au monde et je suis incapable de les soutenir.

Ai lu l'article d'AM où il parle de ses rêves, idéaux. Moi, je maudis les miens: que n'ai-je rêvé d'être une horrible capitaliste, d'avoir intégré les pires écoles de commerce et de n'être pas devenue un requin de la finance avec des villas par-ci, des yachts par-là... Et de quoi offrir à mes parents une vie plus rose, moins dure.
Ils m'ont tant donné et moi, qu'est-ce que je leur donne en retour?
J'ai fui au loin.
Moi et mes idéaux humanistes, merci.
Ma mère a eu beau me répéter que ceux au coeur humain seront ceux qui survivront aux requins égoïstes, permettez-moi d'avoir des doutes.

Mon dieu ce que je vous aime papa et maman, ce que vous m'agacez. Ce que vous me manquez. Ce que je suis heureuse d'être avec vous ces jours-ci. Ce qu'il est doux de vous voir, de parler, de vous embrasser, tenir votre main, vous voir avec mes fils, manger avec vous, discuter...

Que j'ai hâte d'être à demain matin pour déjeuner avec maman, longuement, malgré mes monstres, parler parler parler...



Par Sola
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /Juil /2008 23:38
Me voici depuis à peine plus de 24h dans mon pays fort lointain, ce pays qui vit ma naissance voici presque 29ans (à quelques jours près (ou l'art de faire un appel désespéré à ce que quelqu'un se souvienne de votre anniversaire),  et...
Difficile de cerner mes petits sentiments. Encore une fois, je sens monter en moi colère et agacement. Oh, combien j'aime mes parents... Mais à choisir, j'aurais aimé que leur séparation en tant que couple s'accompagne aussi d'une séparation sur le plan spatial plus importante que les 20km qui séparent leurs chez eux respectifs.
Chaque séjour ici est une course perpétuelle entre les deux maisons. Et la tentative desespérée de convenir aux attentes des deux: me voir le plus possible. Et pour ma mère: voir mon père le moins possible. Si je ne l'avais pas encore dit, mon père aime toujours ma mère, ma mère ne le déteste pas mais n'a pas la moindre envie de le voir.
Pour exemplifier: je suis censée dormir une semaine chez l'un, une semaine chez l'autre, je commence par un séjour chez ma mère... et mon père veut déjà me voir sans cesse chez lui. Comment leur expliquer à tous les deux que...
Enfin je ne suis là que depuis 24h et commence déjà à être un petit peu fatiguée par tout ça. Bon, ma relation avec mes parents ne vous intéresse pas, même si, elle est typique de ce que mon cher et tendre qualifie comme ma "gentillesse démesurée" et mon "incapacité à dire non". Voilà. Tout se résume à ça: je les aime, ai envie de les voir le plus possible, n'ai pas envie de les blesser dans leurs attentes. Résultat, c'est rarement reposant pour moi. Pour ne pas dire, jamais.

Et parfois, je ne comprends pas ma mère. Pas envie de rentrer dans les détails. Mais, si elle a des circonstances atténuantes, je me pose des questions sur sa "santé" au sens large. Le spectre d'une dépression semble planer, et si encore une fois, elle a des circonstances atténuantes, je trouve cela ... étrange. Rageant aussi. Parfois j'avoue ne rien comprendre. Pour ne donner qu'un exemple: elle m'apprend à mon arrivée que finalement, elle a deux rdv chez deux médecins pendant ma présence chez elle. Rien de terrible... sauf qu'il ne s'agit pas pour moi de vacances, en tout cas pas entièrement, et que je suis censée partir dans les archives et elle a accepté (de son plein gré) de garder les petits pour cela. Il y a longtemps. Bref, deux jours de "perdus" pour ma thèse: elle va chez ses médecins lundi et mardi. Bon, que dire? Rien, elle savait que je venais, peut-être est-ce un moyen détourné pour profiter de ma présence (voici l'interprétation optimiste de la chose), peut-être n'a-t-elle pas eu le choix de la date pour ces rdv très importants (voici une interprétation optimiste) ou peut-être pense-t-elle que je suis en vacances et que je ne suis pas à 2jours près (2 sur 10, qu'est-ce qu'un cinquième??). Et ce midi, un de ses élèves l'appelle pour un cours de rattrapage, et elle lui propose... mercredi !!!!!!!!! j'étais scotchée!!!!! Pour une heure de cours de rattrapage, elle était prête à me faire sauter encore une journée entière de recherche????? Elle était au fil et je lui ai fait la remarque que mercredi, non, ça n'allait pas, qu'elle avait dit qu'elle me garderait les enfants et que ce jour-là, je serai à Bonn. Bref, ce qui m'a interpellé, c'est surtout qu'elle lui demandait à lui ce qui l'arrangeait: et moi, alors? Mince, un gamin en vacances scolaires, il devrait avoir le temps, non? Bien sûr, c'est sa vie à elle, son emploi du temps, ses obligations, mais dans ce cas là, elle n'aurait pas dû me dire qu'elle garderait les enfants: mon père aurait pris plus de vacances et les aurait gardé.
En tout cas, j'étais en colère. Non seulement elle m'annonce qu'elle a des rdv chez le médecin (ce que je prends le mieux possible, c'est-à-dire bien!)  qui n'étaient pas prévus il y a 15jours quand elle est partie en vacances, et en plus elle veut me faire passer après ses élèves, qui, pour être gentils et sympas et tout et tout, n'ont pas une thèse à préparer en ayant deux enfants en bas âge et un emploi du temps chargé et très contraignant.
Et au vu d'autres réactions, j'ai l'impression qu'il n'y a pas d'arrière pensée à tout cela, juste une incapacité à se projeter en avant. Ou: une volonté de ne pas le faire. Parce que ce "futur", même proche, laisse présager d'un futur difficile à accepter.
Bref, cela m'agace tout de même, même si, circonstances atténuantes.
J'aime ma mère, mais le dialogue me semble devenu si difficile. Je crois qu'inconsciemment, elle me reproche toujours d'être partie, il y a 9ans, dans notre jolie Gaule. Pour quelle raison, je ne le sais pas. Mais depuis, éloignement perceptible entre nous, entre elle et moi, nous qui étions si proches.
Le choc a peut-être été trop grand à un moment où elle avait peut-être besoin de moi.
Terrible de ne pas oser aborder de tels sujets avec elle. De peur de lui faire mal à nouveau.

La soutenir sans en avoir l'air, être là pour elle. Discrètement. Elle rejette tout apitoyement. Avec raison. Mais mon soutien n'est pas pitié: maman je t'aime voyons, l'ai toujours fait. Malgré ma fuite loin de toi que tu as peut-être perçue comme un abandon. Que tu as pu être dure avec moi depuis.

Mais: être agacée, par la tournure que peuvent prendre certaines choses. Et en même temps, profiter des minutes bonheur, de pouvoir te prendre dans mes bras, raconter, te sourire. Te voir sourire. Te voir avec tes petits fils. Et encore une fois étirer les minutes pour les faire durer une éternité. Les fixer comme sur une pélicule.
Et prendre l'une de tes mains, toujours si chaudes tes mains, ta peau si douce, une peau de bébé...

Bonne nuit maman, à demain... Dors bien

Demain est un autre jour, nous verrons.

ps: qu'est-ce que c'est que ce pays où en plein été il fait froid, il pleut, il vente, on se croirait en avril? Je pars de mon Sud vêtue d'une jolie jupe et me voici en jean, pull, chaussette et... rhume en 24h, qui dit mieux?

pps: envie de jouer à la vacancière: après avoir réussi à connecter mon ordinateur au wifi de maman, je me sens pousser des ailes: il est minuit 20 et j'ai bien envie de tester les limites de ma résistance à la fatigue, de faire comme jadis et de lire jusqu'à des heures interdites... seule la perspective du réveil à 6h et du biberon à donner au radar (que je regrette la tétée du matin, celle ou moi je me rendormais le bb une fois agripé à mon sein et lui aussi, en fin de tétée) me freine, je l'avoue... Allons, lisons jusque une heure, soyons raisonnable!

Par Sola
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /Juil /2008 00:06
Si j'avais la verve de Tazounette ou d'une Mamancélib, je me lancerais dans l'analyse décapante de la journée, mais voilà, je ne sais pas faire. Je vais donc juste lâcher mon lest avant de m'affaler dans mon lit !
Mais je ne suis que moi et j'enrage en silence. Quoique, depuis une heure ou deux, je suis juste fatiguée...
Et mon titre est trompeur: mes valises ne sont toujours pas bouclées. J'allais enfin terminer la mienne comme ma moitté est venue s'écrouler sur notre lit dans la chambre. J'ai dû boucler ma valise à peine commencée et la transporter à moitié vide dans le salon. Je pourrais bien sûr faire des aller-retours chambre-salon pour récupérer les vêtements qui peuvent encore manquer. Mais non, pas le courage.
Là, en toute honnêteté, je boirais bien un verre de whisky, toute seule, devant mon écran. Ou en lisant un bouquin. Mais bon, ne pas donner de mauvaises impressions. Et ce n'est pas parce que j'ai sevré victorieusement mon fils que je dois abandonner presque deux ans d'abstinence! Donc, rien.
Et pourtant... j'ai couru à la poste, 15min de queue pour un recommandé même pas pour moi (pourquoi est-ce que je dis toujours oui quand on me demande quelque chose?), puis 15min pour faire développer sur une machine horrible une photo de mon aîné pour le cadeau d'adieu destiné à sa nounou (dernier jour chez elle avant entrée à l'école), puis courses rapides mais lourdes (pack de lait et jus d'orange et biscottes et brioches pour le papa que nous lâchons lamentablement pour partir en vacances, qu'il ait au moins de bons petits déj), et là première illumination de la journée: oublié les médicaments à la pharmacie. Hésitations d'au moins 2min: rentrer les courses à la maison et ressortir ensuite pour la pharmacie ou faire le détour avec les courses  directement? Option deux, mes bras souffrent, mon dos aussi. Je peste. Je précise que les médicaments non plus ne sont pas pour moi, mais je suis une gentille.
Je rentre. Lessive à décrocher, à ranger, puis nouvelle lessive à accrocher. Poubelles de tri à descendre. Poubelle du verre à amener au container (et les sacs pèsent, décidement, aujourd'hui, je dois me transformer en super woman, et pourtant j'ai toujours mon épaule douloureuse depuis le tennis d'il y a... plus d'un mois?). Terminé? un peu de rangement rapide, mon sac pour la fac, un déjeuner sur le pouce, debout et me voici repartie, affronter le métro.
D'habitude, j'aime le métro. Mais je ne sais pas, je trouve que les gens y sont de plus en plus détestables. Aigris. Egoïstes. Malpolis. Bref, vite un livre, vite mon MD sur les oreilles à écouter une vieille émission radio sur la République de Weimar. Et la demi-heure de trajet passe à une vitesse... Pour une fois, à la fac, je suis d'une efficacité terrifiante. Je me mets à trouver cela très louche. Je me dis que ce n'est pas possible: en 2h30, j'ai abattu ce que je comptais faire en 4. Etrange. Inhabituel. Presque inquiétant. Je me dis qu'il me faut traîner un peu, ne serait-ce que pour ne pas trop culpabiliser quand je travaillerai avec moins d'efficacité. J'ouvre ma boite mail pour trier de vieux email et que vois-je? J'ai oublié de retourner des livres à la médiathèque municipale. Deux jours de retard fois 5livres, à raison de 1,5euros par livre, ça fait... Beaucoup trop d'argent !!! Le prix de plusieurs poche, le prix d'un livre non poche, sans compter que... je pars demain donc impossible de retourner ce livre avant... Et là, mes yeux se transforment en calculette, en caisse enregistreuse. Aie. J'emballe mon ordinateur dans sa sacoche, je range mes cliques et mes claques, me précipite au poste de prêt pour emprunter quelques livres, il est tard finalement: devoir rentrer à la maison (35min), attraper les livres à rendre, aller à la médiathèque (20min) rendre les livres et repartir, aller à Leonidas parce que je voulais des chocolats pour la nounou... Et me voilà en retard sur mon planning. Stress stress. Et ne pas avoir pris assez d'argent pour acheter deux boites (une pour elle, une pour moi). Alors que je m'en réjouis depuis des jours et des jours, de ma boite Léonidas. Mais bon, ma ligne me remercie. Formidable. Je n'étais pas à quelques chocolats près, tout de même. Soupir.
Et ma valise n'est toujours pas bouclée, sans parler de celle des petits. Courage pour bouger, inexistant.
Suis si fatiguée que j'ai des maux de tête lancinants, et file donc me coucher. Deréchef.
Même pas le courage de raconter la suite. Tant pis.
Bonne nuit
Et demain matin, c'est sûr, je vais les boucler mes valises. Même si je dois m'asseoir dessus, sauter dessus.
Elles fermeront.

ps: petit pincement au coeur au moment de ramasser les affaires de toilette: il ne reste plus que celles de mon homme dans la salle de bain ou presque. C'est nu et vide et triste. Jouets des enfants rangés ou déposés dans un sac qui sera du voyage... Il sera bien seul, mon pauvre homme. Pincement au coeur: sa brosse à dent, demain midi, sera seule dans son gobelet...

pps
Par Sola
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Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /Juil /2008 16:23
Les valises dans ma chambre, descendue à la cave les chercher, celle des petits et la mienne.
Une liste très longue de "trucs à ne pas oublier",  déjà quelques accessoires réunis sur la table du salon.
Cela sent bon les vacances !
Oui nous partons tous les trois pour 15jours chez mes parents... Sauf que maman devra aller travailler pour sa chère thèse, archives me voici, tenez vous bien. Donc, en semaine, mes amours seront gardés par leurs grand-parents, et maman ira travailler. Il sera difficile de laisser mes amours, ma maman, mon papa, ma petite soeur, seuls et de leur tourner le dos et d'aller m'enfermer dans des locaux poussiéreux et gris (voilà pour le cliché archives, la réalité sera autre: les archives version teutonne, c'est propre, bien sûr)  pendant qu'eux sont à portée de main, de voix, de rire.
Mais: il faut bien être sérieux et travailler... Restent  donc les week-ends, les soirées à parler, maman, papa, à tour de rôle... Profiter intensément de maman. De papa, en faisant fi de ses défauts et tenter de rester calme :)

Enfin : aller faire s'étourdir ma carte de crédit en librairie, pour moi, pour les petits, peut-être un cd ou deux, un film pour enfants.

Entendre le monde autour de moi parler dans mon autre langue, mon autre moi. Sourire, parce qu'on ne peut pas ne pas les aimer, mes amours allemandes.


Et se réjouir de mes petites collines verdoyantes, de l'Eiffel si proche, ne pas oublier les chaussures de randonnée, Eiffel, j'arrive !!!


ps: vous l'aurez compris, Sola part en vacances, s'absente... Je n'aurais certainement pas vraiment le temps de venir souvent sur mon blog, mais pas d'inquiétude: je reviendrai, heureuse d'avoir vu mes parents, ma famille, mes amis, je rentrerai, début août.  Au plaisir de vous relire tous... Sola, qui n'est pas loin :)
Par Sola
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  • : 09/06/2008

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Le quotidien me bouffe et je viens ici pour souffler, pour lâcher du lest... Pour exprimer ce qui, en moi, est confus. 
Où va l'amour ?
Chemin sinueux, perpétuel travail, parfois, on n'a envie de laisser tomber ses outils et de tout laisser en plan.
L'amour, oui, non, peut-être... 

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"La houle intérieure qui parfois murmure et d'autres fois gronde au fond de moi"

in Les Déchirements, by Hubert Nyssen.

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Lizz Wright, The Orchard... et je suis envoûtée !

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