Hier midi, rire au mouvement des plaques tectoniques,
hier soir, le coeur serré, sclérose en plaques de maman.
Démunie, j'assiste à la lente, horrible, insoutenable descente aux enfers. Saloperie de maladie qui lui ôte sa force, son énergie, qui la fait souffrir et surtout, surtout, lui ôte l'envie de se
battre, peut-être même de vivre?
J'assiste de loin. Un mal, souvent, et parfois, un bien, peut-être. Entendre au bout du fil le mal être, la souffrance. Le coeur noué, la rage au ventre. Ne pouvoir rien faire pour aider, que
d'appeler et se révolter pour elle. Que lui dire? De retourner voir un psy? De prendre des calmants pour supporter sa vie, sa maladie?
Je ne sais pas consoler, ne sais pas soutenir, non pas par manque d'empathie, au contraire, mais par faiblesse. Que dire aux autres qui les aidera alors que je cherche moi-même des réponses (à
d'autres questions, certes)?
Et je souffre de la distance, de ces coups de fils et de voir ma MAMAN qui n'est plus elle, qui s'en va vers autre chose, quelque chose de monstrueux, la dégradation physique, morale, la
mort.
Voir sa maman mourir tout doucement, quitter pas à pas la vie, se retirer de telle ou telle activité, trop fatiguante...
C'est ça la vie? c'est ça?
Rire à la tectonique des plaques?
Rire?
Pourquoi rire?
Merde, c'est ma mère et je suis loin, impuissante, elle abandonne, je le sens, elle se laisse aller. Et que fais-je?
Je vis ma vie au loin comme si de rien n'était.
Et en souffre. Et suis en colère, contre moi, contre ma mère qui refuse de se battre, de se faire aider psychologiquement, qui a décrété par là que toute joie n'avait plus lieu d'être.
Et moi qui cherche la joie, les raisons d'être joyeuse, heureuse, qui en trouve, des raisons, qui me sens vivante...
Et je sens que l'horrible vérité est ailleurs: pourquoi ME fait-elle ça? Pourquoi m'abandonne-t-elle? Pourquoi ne se bat-elle pas pour rester vivante et joyeuse pour moi, mes fils?
Quel égoïsme ridicule...
Mais c'est ma maman, maman, maman, vous vous rendez compte? Ma maman....
Je suis une petite fille qui voit sa maman mourir, de loin, et les coups de fil me font peur...
Comment cela va-t-il être dans 3 semaines, lorsque je vais lui rendre visite?
Je ne comprends pas, cet été, elle avait l'air pleine de vie, heureuse. Que se passe-t-il?
Et j'ai peur. Si ma maman, mon roc, lâche prise, comment vais-je affronter?
Oui, la tectonique des plaques. Fugacité. D'accord, j'ai compris.
Mais pourquoi la maladie, la souffrance?
J'ai peur, tout simplement.
Je t'aime maman, bats-toi, s'il te plaît






